6.7 Les analyses en sous-groupes

     

Les analyses en sous-groupes mesurent l’effet du traitement pour des sous-catégories de patients (et non plus pour la totalité des patients inclus dans l’étude).

Les analyses en sous-groupes ont des limites statistiques importantes qui empêchent de les utiliser pour conclure à l’effet du traitement ou à son absence au niveau des sous-types de patients.

Sauf méthodes particulières, les analyses en sous-groupes n’ont qu’une valeur exploratoire et leurs résultats ne permettent pas de faire des conclusions fiables, à même de faire changer les pratiques.

Au mieux, elles permettent de générer de nouvelles hypothèses, à vérifier dans de nouveaux essais entrepris spécialement.

Cela étant dit, il faut noter qu’en pratique, hors du champ d’une interprétation rigoureuse, les analyses en sous-groupe sont largement surinterprétées, exposant à des prises de décisions potentiellement erronées. La littérature regorge d’exemples de résultats de sous-groupes qui ont été invalidés par les études de vérification ultérieures.

Par exemple, dans un essai négatif, les sous-groupes sous souvent entrepris de manière erronée pour chercher si le traitement ne serait pas utile que pour un sous-groupe particulier de patients, où l’on trouverait un résultat « statistiquement significatif ».

Figure 4 – Exemple d’analyses en sous-groupes réalisées dans un essai de vaccins de la COVID19 [10.1056/NEJMoa2035389]. Le résultat de l’essai (all patient) est rappelé en haut du graphique. Plusieurs analyses en sous-groupes sont représentées. La première est l’analyse en fonction de l’âge avec 2 modalités : entre 18 et 65 et supérieure à 65. L’efficacité du vaccin est estimée spécifiquement pour chacune de ces 2 modalités : 95.6% pour les 18-65 ans et 86.4% pour les 65 et plus. L’efficacité vaccinale est la réduction relative du risque (= 1-risque relatif*100%).

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