4 L’évaluation des marqueurs prédictifs
5 La personnalisation sur le risque de base
5.1 Variation du bénéfice absolu en fonction du risque de base
5.2 Mise en application pour personnaliser les traitements
5.3 Évaluation clinique d’une personnalisation sur le risque
5.3.1 Performance d’un outil de prédiction
5.4 L’évaluation de l’utilité clinique
7 L’évaluation de l’utilité clinique par les essais de stratégie
L’efficacité relative d’un traitement, telle que mesurée par le risque ratio, l’odds ratio ou le hazard ratio, quantifie l’importance de l’efficacité « intrinsèque » du traitement. L’effet traitement relatif prend en compte le risque de « départ » (le risque de base) et s’avère fréquemment constant, quel que soit le risque de base [85 , 86] . Cependant cette même réduction relative représentera un changement de risque plus important pour les sujets à haut risque de base que pour ceux à faible risque de base. Une même réduction relative de 50% ramènera les sujets ayant, par exemple, un risque de base de 10% à 5% (différence de -5%), ce qui les fait changer clairement de niveau de risque, tandis que pour ceux ayant, par exemple, un risque de base de 1%, celui-ci restera quasiment inchangé avec le traitement à 0.5% (différence de -0.5%). Apparait ainsi l’importance de la différence de risque (absolute risk reduction ) pour apprécier le bénéfice qu’apporte un traitement. Cette différence dépend du risque de base et permet de mieux apprécier, pour un niveau de risque de base, l’intérêt du traitement.
Risque de base |
Risque avec le traitement |
Risque ratio |
Bénéfice absolu (Différence des risques) |
10% |
5% |
0.50 |
-5% |
1% |
0.5% |
0.50 |
-0.5% |
On parle de bénéfices absolus pour les différences de risque et de bénéfices relatifs pour les effets traitements relatifs.
Effet relatif (bénéfice relatif) |
Mesuré par un ratio : risque ratio, hors ratio, hazard ratio |
Prends en compte le risque de base |
Bénéfice absolu |
Mesuré par la différence de risque |
Dépends du risque de base |
Ainsi, un même traitement dont l’efficacité relative ne change pas apportera un plus grand bénéfice absolu aux patients à haut risque qu’aux patients à faible risque.
Cette variation du bénéfice absolu survient arithmétiquement, sans que l’effet propre du traitement ne change entre les patients à bas et haut risque. Le niveau de risque de base n’influence pas l’effet relatif du traitement. Ce n’est pas une problématique de modification de la taille de l’effet (comme discuté en section 4.2), mais simplement la conséquence des relations arithmétiques existant entre effet relatif, risque de base et bénéfice absolu.